Calvinolâtre ?

Une histoire qui commence mal

Le dimanche 1er décembre 2012, je passais par les eaux du baptême dans une église parisienne, non loin de la place de la Bastille. J’avais 23 ans. N’ayant pas bénéficié d’une éducation chrétienne, ma conversion à Christ se manifesta de manière plutôt radicale, en contraste avec mon ancienne vie.

Animé par un zèle non canalisé, j’étais le candidat idéal pour remplir les rangs d’une des nombreuses sectes chrétiennes de la capitale. Souvent situées dans des maisons (mais pas toujours), ces groupes qui se démarquent par : un amour envahissant de la part des fidèles, ces même adeptes étant eux même des profils fragilisés et manipulables, trouvant à leur tête des individus à l’esprit dominateur ou en mal de reconnaissance.

C’est ainsi qu’à peine plus d’un an à fréquenter l’église de mes premiers pas, je la quittais pour m’engager dans un itinéraire de communautés de maison, aux aspects cités en amont.

Le paroxysme fut atteint en 2016, ou une expérience douloureuse m’amena à troquer les cercles de maisons pour m’investir dans un mouvement d’église importé d’outre Atlantique, ultra charismatique et modaliste de surcroît : « L’Eglise Pentecôtiste Unie Internationale » (United Pentecostal Church International).

Le Modalisme

S’opposant à la Trinité biblique, le Modalisme soutient l’idée que le Nom de Dieu évoqué en Matthieu 28.19 est « Jésus ». Les notions de Père, Fils et Saint-Esprit ne sont que des « modes » de Dieu. Ainsi, le Fils ne serait pas éternel, mais simplement le Père sous une enveloppe charnelle. Plus tard, il s’agira alors du même Père venant sous la forme de l’Esprit.

Dans cette fédération d’assemblées non reconnue par le Conseil National des Évangéliques de France (CNEF), j’ai intégré un institut biblique domicilié au sein de l’église mère.

Le moment où les écailles tombent

Ironiquement, les Bibles et quelques-uns des supports utilisés étaient écrits par…des trinitaires. Je compris au fur et à mesure des enseignements reçus un samedi par mois, qu’il existait une histoire de l’église dont ce courant ne faisait pas partie.

En fait, si.

Cette hérésie avait été déboutée au 3ème siècle après Jésus-Christ. Il y aurait tant à dire sur ce système religieux. Entre l’obligation pour les femmes de porter des jupes longues (et l’interdiction de porter un pantalon), d’une préférence pour les dames aux cheveux longs et les messieurs sans barbe, ajoutons à ça un soi-disant don du parler en langues qui attesterait de la véracité de la nouvelle naissance, le Salut par les œuvres, la possibilité de perdre le Salut…etceterra, etceterra. La période de pandémie mondiale, fut l’occasion pour ma femme, notre première fille, et moi, de quitter cette secte.

André le Calviniste

Durant mon parcours, j’ai fait la connaissance d’un frère passionné par l’histoire de l’Eglise, André. Au moment où je me séparais de mes vieilles croyances, nos routes se croisèrent à nouveau l’été 2021. Il fût celui qui me donna le plus de fil à retordre en confrontant les résidus de ma fausse théologie, par l’exposition de la véritable assurance du Salut. Mon orgueil m’amenant à vouloir remporter tous mes débats, je programmais un rendez-vous avec André pour confronter nos compréhensions. Mon interprétation arminianiste : possibilité de perdre le Salut et nécessité du libre-arbitre de l’homme pour accéder à la vie éternelle. Contre son calvinisme : la foi, don de Dieu, donné définitivement à qui Il veut. Le Salut par grâce et la garantie éternelle de celui-ci.

André n’a pas remporté le débat. Ni Jean Calvin ou Jacob Arminius. Moi non plus d’ailleurs. C’est Dieu qui a gagné en réalité. Je me rappelle un moment clé où André m’amena à me faire la réflexion suivante « qui mieux que Dieu peut sauver mes filles ? » (La famille s’est agrandie entre-temps). Illumination.

Ma femme et moi avons alors lu ensemble « Les 5 points du Calvinisme » de John Piper. Le Seigneur nous a également permis de devenir membre d’une assemblée Protestante Baptiste située non loin de notre maison.

L’Institut Biblique de Genève

10 ans après mon baptême par immersion, je découvrais dans les grandes lignes la foi réformée à travers des hommes comme Pascal Denault, Florent Varak, Voddie Baucham, RC Sproul, John MacArthur et Raphaël Charrier. Sans oublier le ministère Tout Pour Sa Gloire (TPSG), les sites GotQuestions, Évangile21 (TGC) et Par La Foi.

Des ouvrages de théologies remplissaient ma bibliothèque (merci BLFStore), et je débutais en Octobre 2022, un cursus à distance dans un Institut Biblique sérieux, celui de Genève. J’ai même créé un podcast que vous pouvez retrouver sur la chaîne YouTube du même nom, Rue Calvin.

Soit dit en passant, je ne suis pas tellement partisan de la terminologie
« Calvinisme ou Calviniste » à laquelle je préfère les « doctrines de la grâce ». Mais étant favorable au confessionnalisme, je vois dans les dénominations un moyen d’être identifiable et de ce fait se distinguer de mouvements sectaires ou hérétiques.

Rue Calvin

Ce site est un journal de bord. Mon envie est de vous partager ma passion pour Christ, Celui qui nous a aimé le premier. La théologie fut un moyen de grâce employé par Dieu pour extraire ma famille et moi-même de l’obscurantisme religieux. L’objectif n’est pas de faire la promotion du Calvinisme. Le terme peut même être trompeur en ce qu’il peut laisser penser que nous nous accordons en tout point avec la personne qu’était Jean Calvin et sa théologie. Considérons plutôt le Calvinisme pour sa pertinence dans l’articulation des doctrines de la grâce. Ce site ce veut, dans une démarche spontanée, accessible et sans prétention hors de portée. Une ruelle débouchant sur le véritable sentier de la vie et de la vérité, Jésus-Christ. La célébration de tout ce qui a attrait au Dieu Trinitaire.

Soli Deo Gloria !

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